Muée par une grande ambition dès son plus jeune âge, Pauline, originaire de Lifou et Maré rejoint immédiatement la Métropole une fois son bac scientifique obtenu. C’est à Chambéry, où est déjà installée sa sœur, qu’elle pose ses valises pour la première fois et intègre un BTS métiers de l’eau. 

À cette époque, elle n’est accompagnée par aucun dispositif de bourse et ce n’est qu’une fois son BTS terminé qu’elle se tourne vers le programme Cadres Avenir.  

“Cadres Avenir, c’est une aide précieuse, qui est très connue au pays. Beaucoup de mes aînés m’en avaient déjà parlé, mais je n’avais jamais sauté le pas. Finalement, c’est mon père qui m’a poussé à tenter ma chance et qui m’a convaincue de me présenter. Et je ne le regrette pas!”  

Une fois sa candidature acceptée, Pauline rencontre très rapidement une conseillère afin de concrétiser son nouveau projet; celui d’intégrer une licence pro “Protection de l’environnement spécialité : gestion des eaux urbaines et rurales” à l’École nationale du Génie de l’Eau et de l’Environnement de Strasbourg. 

Il s’agit d’un cursus d’un an qui explore les problématiques liées à la protection de l’environnement, au développement durable, au traitement des eaux et à tout ce qui touche au domaine de l’eau de manière générale.

Durant cette formation, Pauline a l’opportunité de revenir au pays pour y effectuer son stage. Ce dernier lui fait ouvrir les yeux sur la réalité du terrain et sur les progrès qu’il reste à faire en termes de gestion des eaux en Nouvelle-Calédonie. 

Forte de cette expérience, Pauline revient en Métropole avec de nouveaux acquis mais également avec un nouveau projet.  

“Pendant mon stage, j’ai eu l’occasion de travailler sur le dossier des panneaux photovoltaïques à Maré et le monde des énergies renouvelables a piqué ma curiosité. Je me suis de suite demandé, “pourquoi ne pas compiler ce domaine avec celui de l’eau?”” 

 En 2023, Pauline déménage donc sur Paris et intègre un master “cycle ingénierie éco-énergéticienne”.

 “Cette formation inclut vraiment tous les types d’énergie. Qu’il s’agisse de l’eau, de la géothermie ou encore des éoliennes, je découvre un panel d’énergies très large dont beaucoup peuvent aider à régler certaines problématiques du pays.” 

 Son master s’effectuant en alternance, Pauline travaille en parallèle en tant qu’apprentie ingénieur décarbonation au sein d’un cabinet parisien. 

 “Concrètement, mon poste consiste à aider les industriels à réduire leur émission de C02. Et ce que j’apprécie, c’est qu’il me permet de compiler mes deux centres d’intérêt, soit le traitement des eaux et la re-valorisation énergétique.” 

 Une fois son master validé, Pauline pourra prétendre à de nombreux emplois différents tels qu’ingénieure décarbonation, ingénieure en efficacité énergétique ou encore chargée d’affaires ou chargée de projet. Mais avant de plonger dans le monde du travail et de rentrer au pays pour s’atteler à y résoudre les problématiques énergétiques, la jeune femme souhaite approfondir ses apprentissages. 

 Après l’obtention de mon Bac+5, j’aurai le titre «éco-énergéticien.ne». Il me faudra alors faire une validation d’études supérieures afin d’obtenir le Diplôme d’Ingénieur en Systèmes Énergétiques du CNAM, homologué par la Commission des Titres d’Ingénieurs (CTI). Mais je ne compte pas m’arrêter là. Je souhaiterai par la suite faire un master spécialisé qui couvrirait à la fois l’eau et les énergies et me permettrait de fusionner mes deux domaines d’expertise pour de bon. Je suis encore motivée, et je sens que j’ai ce qu’il faut en moi pour continuer donc pourquoi m’arrêter là?”

 Le mot de fin 

 Si Pauline est animée d’une grande ambition et s’est désormais acclimatée au mode vie métropolitain, le chemin n’en a pas été pour le moins compliqué. Entre dépaysement, solitude et prise de responsabilité, la jeune femme a du faire preuve de relativisme. 

 “Quitter le pays, c’est aussi sortir de sa zone de confort et se jeter dans l’inconnu. Ce n’est pas facile tous les jours mais Cadres Avenir nous offre de belles opportunités et qu’il ne faut pas hésiter à les saisir. Avant, je regardais toujours devant moi, je vivais au jour le jour, mais j’ai appris à regarder plus loin, à me projeter. En faisant ça, on se rend compte que nos choix, ce sont des investissements à long terme. Pour nous-mêmes oui, mais aussi pour le pays. Pour moi, la clé c’est de tout faire par amour et passion, c’est ça qui permet de persévérer.“